Témoignage d’An Holvoet (40 ans) : « Mon employeur s’est montré très compréhensif, ouvert et constructif ! »

An travaillait chez Unique quand elle a appris qu’elle souffrait d’un cancer du sein. Elle y travaille toujours. Elle nous parle de son travail avant, pendant et après la maladie. Un témoignage qui en apprendra beaucoup à nos amies pour la vie, mais aussi à leurs employeurs.

 

J’ai découvert une petite boule complètement par hasard pendant mes vacances. Je me suis fait examiner dès mon retour. Les signaux étaient bons au début, mais il s’est finalement avéré qu’il s’agissait d’une tumeur maligne.

Les signaux étaient bons au début, mais il s’est finalement avéré qu’il s’agissait d’une tumeur maligne.

J’ai eu le souffle coupé quand le diagnostic est tombé. J’ai vu ma vie défiler. Les jours qui se sont écoulés entre le diagnostic et les examens complémentaires ont été les plus stressants de ma vie. « Heureusement », cette petite tumeur était la seule. Je me suis principalement occupée de mes filles durant cette période ; je voulais et je veux encore être là pour elles, quoi qu’il arrive.

Quel soulagement de savoir que mes collègues étaient là pour moi ! Ça m’a fait du bien de les entendre et de les voir de temps en temps.

Quand j’ai clairement su ce qui m’attendait, j’ai appelé mes collègues et mon manager. Comme j’étais encore en congé à ce moment-là, ils ont trouvé bizarre que je les appelle. Ils ont été sous le choc quand je leur ai expliqué la raison de mon coup de fil. Quand j’y repense, je peux dire qu’ils ont toujours été à mes côtés. Mon manager et mes proches collègues ont régulièrement pris de mes nouvelles. J’ai tout de même dû limiter les contacts avec eux, car j’avais besoin de « prendre mes distances ». Quel soulagement de savoir qu’ils étaient là pour moi ! Ça m’a fait du bien de les entendre et de les voir de temps en temps.

Ce qui m'a aussi fait énormément de bien, c'est que mon employeur Unique / USG People a rendu possible le remboursement de ma structure mammaire en collaboration avec Benetiet (l’accord mammaire n’existait pas encore à ce moment-là).

Je ne me suis jamais sentie obligée de revenir plus tôt, mais j’ai été accueillie à bras ouverts quand j’ai été prête à reprendre le travail.

Tout au long du traitement, j’ai informé mon responsable des interventions et des traitements prévus. J’ai fait de mon mieux pour lui fournir un timing honnête et réaliste. Au final, je suis restée absente un an et demi.

Je ne me suis jamais sentie obligée de revenir plus tôt, mais j’ai été accueillie à bras ouverts quand j’ai été prête à reprendre le travail. J’ai donc toujours été sereine.

Unique s’est montré très compréhensif, ouvert et constructif, tant sur le plan de l’organisation du travail qu’au niveau du contenu de la fonction. Une attitude que j’ai toujours beaucoup appréciée.

Environ un mois avant mon retour, j’ai eu des rendez-vous avec mon supérieur direct (qui est aussi DRH) concernant le contenu de ma fonction. Nous avons décidé que je pourrais reprendre le travail à mon rythme. Dans mon cas : deux jours consécutifs par semaine. Cette solution semblait être la meilleure : elle me permettrait de me reposer suffisamment tout en garantissant une certaine continuité vu les deux jours consécutifs. Unique s’est montré très compréhensif, ouvert et constructif, tant sur le plan de l’organisation du travail qu’au niveau du contenu de la fonction. Une attitude que j’ai toujours beaucoup appréciée.

Ça m’a fait du bien de retrouver mes collègues et de me replonger dans mon métier.

Quand j’ai recommencé à travailler, des changements internes étaient en cours, qui n’avaient rien à voir avec ma santé. Mais de ce fait, je me suis retrouvée dans un autre environnement, en partie avec les mêmes collègues et des tâches similaires. Mes nouveaux collègues et mon nouveau responsable se sont montrés extrêmement bienveillants. On m’a confié des projets réalisables, qui m’ont néanmoins permis de repousser mes limites. J’ai trouvé cela très positif. D’un autre côté, j’ai dû franchir un cap. Mais ça m’a fait du bien de retrouver mes collègues et de me replonger dans mon métier.

J’ai eu une fière chance.

Depuis janvier, je travaille 16 heures, réparties sur 2 jours. Mais c’est trop lourd, car j’ai encore du mal à me concentrer une journée entière. C’est frustrant, je n’avais pas imaginé qu’il me faudrait autant de temps. Après les vacances d’été, j’ai donc convenu d’un autre emploi du temps avec mon supérieur. Je travaille désormais le même nombre d’heures, mais sur trois jours. Je me sens beaucoup mieux. J’aimerais travailler plus d’heures et de jours, mais je sens que je dois prendre mon temps. Cela ne sert à rien d’aller trop vite, un forcing aurait des conséquences négatives. J’ai eu une fière chance d’être tombée sur un employeur compréhensif.

Je ne serai plus jamais la même…

Quand je repense à tout ce que j’ai traversé, je peux dire que je me sens bien différente et que je ne serai plus jamais la même… J’ai beaucoup changé physiquement et mentalement. Mes cicatrices, mes problèmes de concentration, ma mémoire qui me fait parfois défaut et ma moindre résistance au stress me le rappellent tous les jours.

J’ai récemment couru 5 km pour la première fois !

Mais tout n’est pas négatif. Avant, je ne faisais pas de sport et je grignotais souvent. Je fais plus attention maintenant, sur les conseils de mon oncologue. J’ai récemment couru 5 km pour la première fois avec Start 2 Run*. Ça me donne un coup de fouet, car j’en aurais été incapable avant ma maladie. Cap sur les 10 km !

Personne n’a idée des désagréments quotidiens et c’est parfois dommage.

Il y a malgré tout une longue liste de désagréments quotidiens dont la plupart des gens n’ont aucune idée, car vous avez à nouveau l’air « en bonne santé ». C’est parfois dommage. Je tiens néanmoins à souligner que le bilan est très positif.

Si vous vous sentez prêtes physiquement et mentalement, n’hésitez pas à reprendre le travail.

Bien sûr, je ne sais pas ce que l’avenir me réserve et, bien sûr, je dois tenir compte de mes limites, mais je peux encore faire un tas de choses, tant au travail qu’ailleurs. Et je profite pleinement de la vie, même des petites choses. Mon travail m’aide à maintenir un équilibre positif, notamment parce que j’ai en partie retrouvé une « vie normale ».

Je n’aurai qu’une chose à dire à toutes les femmes qui se trouvent dans la même situation : si vous vous sentez prêtes physiquement et mentalement, n’hésitez pas à reprendre le travail. Vous refermerez ainsi un chapitre. Recommencez progressivement, en concertation avec votre employeur et votre médecin.

* Start 2 Run est un programme de course développé par le Centre de coaching d’entraînement Energy Lab en collaboration avec Evy Gruyaert. L'application est adaptée à tous les niveaux de coureurs grâce aux programmes d'entraînement pour courir 5km, 10km, 10 miles,10 km, un semi-marathon et un marathon. En plus de cela, l'application se synchronise automatiquement avec la plateforme Every Step Counts de Pink Ribbon! Cliquez ici pour toutes les infos sur Every Step Counts.

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