Témoignage de Sandra (42):" Choisissez d’être positif et conscient dans la vie "

Sandra avait 37 ans quand on lui a annoncé pour la première fois qu'elle avait un cancer du sein. Quatre ans plus tard, lors de l’annonce de sa rechute, Sandra a décidé malgré tout d'aller de l’avant et de choisir la vie, envers et contre tout. Depuis, elle est elle-même devenue Onco Life Coach et accompagne les (ex-) patients du cancer pour les aider à (re)trouver équilibre et harmonie dans leur vie.

Sandra: " En 2012, j'ai découvert une partie douloureuse dans mon sein droit. Mon médecin de famille m’a prescrit une échographie et une mammographie. Après un examen plus approfondi, j'ai été immédiatement envoyée à l'hôpital pour une ponction. Même sans résultats définitifs, mon instinct me disait que tout cela n’était pas bon. Et en effet, quelques jours plus tard, le verdict est tombé: cancer du sein et métastases aux ganglions lymphatiques. Ma première réaction lors du diagnostic ? Principalement un sentiment de défaite, de chagrin et de peur. Notre petite fille, qui avait un peu moins de 6 ans à l'époque, rentrait en première primaire en septembre. Ma peur de ne pas pouvoir la voir grandir était immense.

Mais je me suis vite rendue compte que mes actions et ma pensée auraient aussi un impact énorme sur l'intervention et les traitements. J'ai donc changé ma perception, en me disant que j’avais de la chance qu’on puisse encore m'aider.

Comme j'étais encore si jeune, j'avais 37 ans, j'ai tout de suite reçu le forfait « all-in »: chirurgie mammaire conservatrice avec curage axillaire, 6 chimiothérapies et 33 radiothérapies. Tout cela augmentait mes chances de survie, alors j’ai saisi cette chance à deux mains.

Après quatre ans, j'ai dû me rendre à mon premier contrôle annuel en 2016, les premières années cruciales étaient derrière moi, et le risque de rechute aurait dû être faible. Mais malheureusement, rien n'était moins vrai. Heureusement, j'avais un oncologue très attentif qui avait examiné les images de l'échographie et de la mammographie en détail. Il a vu un point qu'il pensait devoir approfondir. J'ai ensuite été redirigé vers une mammotome. Et encore une fois, j'avais le même nœud dans le ventre, ça se présentait mal. Trois jours plus tard, mon oncologue m'a appelé lui-même avec ces mots: "Madame Duque, il va falloir remonter sur le ring". A nouveau : cancer du sein. Et à nouveau aussi : le forfait « all in ». Une autre chirurgie mammaire, 15 chimio et 33 radiothérapies. Mais j'ai abordé ce processus avec la même attitude : la reconnaissance d’encore pouvoir être aidée.

Heureusement, j'ai reçu beaucoup de soutien de ma fille, de mon mari, de mes parents et des gens qui me sont très proches. Mon plus grand bonheur a été et est encore que je vis avec ma famille, avec mes parents. Ma mère s'est occupée de toute la maison, des repas et gardait notre petite fille avec amour quand mon mari travaillait. Je devais juste me concentrer sur ma guérison. Un cadeau inestimable, pour lequel je leur serai reconnaissante tout au long de ma vie.

En janvier 2017, j'ai commencé une rééducation oncologique, pour renforcer mon corps, mais j'ai dû arrêter plus tôt que prévu. Au milieu de ma réadaptation oncologique, mon employeur m'a dit par message puis par téléphone qu'en raison de ma maladie, il n'y avait plus de place pour moi dans son entreprise. Quelques jours plus tard, le courrier recommandé est arrivé avec les documents de licenciement nécessaires et mon C4, avec comme raison « bidon »: "plus nécessaire". Entre-temps, j'ai recommencé une rééducation similaire qui porte le nom de fitness médical, basée sur le cardio, la souplesse et la force, d’une manière responsable.

Grâce à cette rééducation, je me sens mentalement très bien, forte et réaliste, mais surtout très consciente. Bien sûr, les traitements ont laissé les traces nécessaires, qui vont probablement faire partie de moi pour toujours. J’ai encore les doigts insensibles, conséquence de la chimio, j'ai aussi un bras très douloureux, résultat des métastases que j'avais en 2012. Je souffre aussi des douleurs neuropathiques connues au niveau du bras, des seins et des omoplates. Ces douleurs sont invisibles pour le monde extérieur, mais elles ont un impact énorme sur mes actions. C'est aussi pour cette raison que je ne peux pas exercer mon job d’esthéticienne à temps plein.

Mais maintenant, je regarde vers l'avenir. J'ai encore beaucoup d'attentes et de souhaits à réaliser. Avec mon « expertise » d’ex-patiente dans le monde oncologique, je sais mieux que quiconque ce que le cancer ou une maladie de longue durée fait à votre corps, mais aussi à votre esprit. Malgré certaines tempêtes, la maladie m'a également donné la conscience et les connaissances nécessaires, alors j'ai pris la décision de changer de cap. J'ai décidé de suivre une formation de coaching à part entière à la Coaching & Leadership Academy d'Inge Rock pour devenir Executive Onco Coach certifiée.

En tant que coach de vie Onco, je souhaite contribuer au bien-être psychosocial des (ex)patients du cancer et de leurs proches par le biais d'un coaching personnel, d'un coaching de groupe, du mentorat, du tutorat, de master mind, d'ateliers, de sessions de formation et de programmes adaptés aux besoins et aux attentes de chacun. Afin de créer l'équilibre et l'harmonie dans leurs vies pour qu’ils puissent à nouveau réaliser leurs désirs et atteindre leurs objectifs.

Devenir malade a un impact énorme sur notre vie entière: nos pensées, physique, santé, famille, relation, vie sociale, travail, carrière, etc. Vous êtes submergé par la peur, soudainement l’image dans le miroir ne correspond plus à l’image que vous avez de vous-même, votre amour-propre est remis en question. Pour cette raison, donner de l'amour n'est plus si évident, les gens vont vous regarder différemment ou vous éviter. Soudainement, votre niveau d'énergie est inférieur à 0, vous ne pouvez plus reprendre le travail en raison de limitations et/ou de douleurs ou vous perdez votre emploi, tout comme moi, à cause de votre maladie.

Résultat ? De plus en plus de gens s'enlisent dans les domaines les plus divers de la vie. Et donc, ils restent souvent dans le rôle du patient plus longtemps que nécessaire. Ils n'avancent pas dans leur vie et leur réinsertion sociale et professionnelle devient de plus en plus difficile.

Vous devez surtout rester fort, et voir la maladie non pas comme une punition, mais comme une période qui vous apporte des prises de conscience nécessaires. Considérez la chimio non pas comme un poison, mais comme un élixir de vie.

Ne soyez pas en colère contre ce que la vie vous apporte, mais voyez-le comme une prise de conscience. Et si cela semble très difficile ou peut-être impossible pour vous, contactez quelqu'un qui vous comprend, mais qui vous prend aussi par le bras et vous guide sur votre chemin, de retour à une vie saine.

Je suis très positive dans la vie, ce que certaines personnes ont beaucoup de mal à comprendre. Mais être positif et conscient dans la vie, c’est une attitude que vous choisissez (pour) vous-même. "

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