Témoignage Rita Volders (63 ans): « Soyez ouvertes aux autres. Vous aurez du soutien si vous en demandez »

Rita Volders (63 ans), ancienne téléphoniste.

L’histoire de Rita commence il y a 11 ans. Elle a longtemps hésité avant de témoigner. Mais le fait d’apporter un peu de soutien à d’autres patientes l’a convaincue.

Rita : « Une échographie et une mammographie ont révélé un cancer. La tumeur devait être retirée au plus vite. À ce moment-là, le monde s’arrête de tourner. J’allais être opérée. Je ne pouvais pas me projeter plus loin que cela. Tout devait aller très vite. Vous n’avez pas le temps et vous n’avez pas la moindre idée de ce qui va vous arriver. Je suis restée trois jours à l’hôpital. Je ne voulais pas de visites et je ne voulais parler à personne. Personne ne devait me voir malade, je voulais être forte. » Rita a subi une chirurgie conservatrice et 25 séances de rayons, mais pas de chimio. « Le pire, c’est quand je baissais les yeux : je ne me sentais plus femme. On m’avait mutilée. J’en ai vraiment souffert. Moi, personnellement. Mon mari, lui, me disait que je resterais la même à ses yeux. Que je serais toujours une belle femme. » Rita a refusé la reconstruction. « J’en avais assez des hôpitaux. Et mon gynécologue ne me la conseillait pas spécialement. » Rita voulait rester forte, pour son entourage, à tel point qu’elle a fini par sombrer dans la dépression. « C’est au moins aussi grave que le cancer. J’ai suivi un lourd traitement médicamenteux et j’ai dû subir 18 électrochocs. J’ai eu des convulsions, des maux de tête et j’ai en partie perdu la mémoire. » En se tournant vers son mari, elle se met à pleurer. « Il est ma mémoire, mon pilier. Je me rends compte seulement maintenant à quel point j’ai pu être cruelle. À quel point les choses m’échappaient et jusqu’à quel point il m’a supportée. Dans les bons jours, mais aussi dans les mauvais. C’est ça, l’amour avec un grand A. Nous sommes ensemble depuis 41 ans. Je souhaite que chacun, malade ou pas, puisse apprécier le fait d’aimer. Et puisse rendre ce qui lui a été donné. » Le cancer a transformé Rita. « L’épée de Damoclès est toujours là. Il faut des années pour comprendre ce genre de choses, c’est difficile. Vous ne voulez pas mourir, vous voulez vivre, mais les mauvais présages vous rattrapent toujours. Aujourd’hui, j’ai fini par accepter mon corps. Je porte à nouveau de la lingerie élégante et de belles robes. Je me sens à nouveau femme. Et j’arrive à lâcher prise. Si je peux me permettre de donner un conseil à toutes celles qui souffrent d’un cancer du sein : soyez ouvertes aux autres. Vous aurez du soutien si vous en demandez. »

 

 

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