Ine Van Seghbroeck (39): Le grand tour de magie

Ine Van Seghbroeck (39 ans) est une femme avec un grand cœur. Ses histoires touchent une corde sensible. Le texte « Le grand tour de magie » exprime des sentiments reconnaissables pour beaucoup de femmes. Jugez vous-mêmes :

LE GRAND TOUR DE MAGIE

En 6ème primaire, en descendant les escaliers, j’ai senti mes seins balancer, à ma grande surprise. Depuis lors, on en a vécues, de merveilleuses aventures, tous les trois.

Mes seins et moi, on a mis de jolis soutien-gorge, des hauts serrés, des bikinis. Pendant les chaudes journées d'été, ils reposaient doucement dans des balconnets, sous des blouses en soie, tels deux points sur des i.

Mes seins ont été dorlotés, touchés, admirés, léchés. Caressés, dressés, encore et encore ! Presqu’aucun endroit de votre corps n’est aussi sensible. Un simple effleurement peut propulser des milliers de petits picotements dans votre corps.

Les seins des femmes reçoivent d'innombrables noms : lolos, nichons, poitrine, buste, tétons. On chante leurs louanges, ils remplissent chaque câlin, rendent l'étreinte beaucoup plus intime. Ils vous rendent féminine et sensuelle.

Je suis moi-même passé par différentes catégories de poids. Il y avait les délicieux chapitres A, B, et C. Quand j'étais enceinte, puis que j'allaitais, ma taille de bonnet était beaucoup trop loin dans l'alphabet : mes seins débutaient sous mes aisselles, pour occuper chaque centimètre carré, à l’avant. Ils poussaient vers le haut, le bas, la gauche et la droite et présentaient de grosses veines bleutées, comme des bodybuilders. Less is more, croyez-moi !

Heureusement, cela s'est résolu avec le temps. Mère Nature a réduit mes formes un peu trop généreuses à un « petit » 75C. Un bonnet C qui a vaillamment passé le test du crayon, avec succès.

Battre la gravité, de quoi me rendre plus que satisfaite.

Malheureusement, Mère Nature a été un peu trop enthousiaste et j’ai vu mon décolleté se réduire progressivement, à mon grand désarroi.

C'est comme si mes seins s'entraînaient pour le grand tour de magie. Less is more, ok, mais quand même !

Un soir, je sortais de la douche et je me regardais dans le miroir, pensive. Gerben a surpris mon regard, il a pris notre miroir, et l’a retourné du côté grossissant. Mon corps s’est soudain vu agrandi de 300%, et il m’a dit : « Voilà, ma chérie, c’est résolu : le miroir était juste tourné du mauvais côté ». J’ai souri, de tout mon cœur.

Un miroir grossissant, tant d'humour relativisant et surtout tant d'amour… C’est ce que je souhaite à toutes les femmes !

Surtout les femmes atteintes d'un cancer du sein. Ce n'est qu'un tour de magie : disparus, les cheveux longs, les beaux seins. Disparu, le cancer ?
Ah non, ça, c'est trop demander.

Depuis, je connais de plus en plus de femmes qui doivent mener cette bataille.

Des amazones modernes n'ayant qu'un sein gauche ou n'en ayant pas du tout. Pink Ribbon a depuis longtemps cessé d'être un ruban farfelu.

Ces femmes ont bien d’autres soucis que la taille de leur soutien-gorge ou le test du crayon.

Je souhaite à toutes ces femmes deux seins merveilleusement beaux et en bonne santé. Mais si ce n'est plus une option, que les idéaux de beauté aillent se faire voir. Et cette saloperie de cancer aussi ! J'espère que les scientifiques seront bientôt en mesure de faire disparaître ce problème, tel un tour de magie…

D'ici là, nous nous battrons ensemble pour la seule poitrine qui compte : celle où votre cœur bat.

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