Art Artistic Background 1831234 1

Témoignage d’Aurélie De Montigny (31) : « Je savais que j’avais un cancer, mais aucun médecin ne pouvait confirmer mes soupçons. »

Dépistage Diagnostic Soin psychosociaux

Soupçonnant qu’elle avait un cancer du sein, Aurélie De Montigny s’est rendue à des rendez-vous médicaux pendant près d’un an, pour confirmer ses inquiétudes. Elle avait 29 ans quand elle a commencé son traitement et, grâce à son blog, elle veut sensibiliser les jeunes femmes, que la maladie peut aussi affecter.

Aurelie De Montigny

« Un mois après avoir découvert une série de petites boules dans mon sein droit, je suis allé chez la gynécologue, mais elle n’a rien trouvé de particulier. Deux mois se sont écoulés ... Jusqu’au moment où j’ai découvert par hasard une grosse bosse sous mon aisselle. À ce moment-là, mon monde s’est effondré.

J'effectué une mammographie, mais le médecin m'a assuré qu’il ne s’agissait probablement pas d’un cancer du sein, mais d’une infection bactérienne, puisque je n’avais même pas encore 30 ans et que je n’avais aucun antécédent de cancer. Le médecin m'a donné une ordonnance pour des anti-inflammatoires, et je suis rentrée chez moi.

Me voilà la reine des forums. J’étais convaincue qu’il y avait quelque chose de grave.

Je n’ai pas laissé tomber. J’étais convaincue qu’il y avait quelque chose de grave. J’ai donc pris rendez-vous avec trois médecins généralistes différents et je suis retournée chez ma gynécologue. Toujours avec le même résultat : trop jeune, sans antécédents médicaux, rien d’anormal dans le test sanguin, la mammographie ou l'échographie. Pourtant, je n’ai pas abandonné. Je cherchais LE spécialiste, mais on aurait dit qu’il n’existait pas.

Je suis allée au département d'Hématologie à l'hôpital. On m'a dit qu'il ne s’agissait pas d’un lymphome. Je voulais une biopsie, mais elle m’a été refusée. Par contre, j’ai pu passer une scintigraphie pulmonaire et un test sanguin. Je restais persuadée que ce n'était pas un lymphome, mais le cancer du sein.

Enfin, je me suis retrouvée au département de Sénologie où j’avais rendez-vous le 31 décembre 2014. Je pouvais passer une analyse IRM, que j’aurais pu reporter jusqu'après le Nouvel An. Mais la fête était déjà terminée, pour moi. Je devais savoir, même si, au fond de moi, je savais déjà.

Le 5 janvier 2015, j'ai rencontré l'hématologue qui m’a communiqué les résultats de l'analyse. Ma mère et ma belle-mère étaient là. Ce moment était finalement arrivé : ce que je soupçonnais était confirmé, j’avais un cancer du sein. J’ai pleuré, sans rien dire. J'étais juste terrifiée. J’avais peur de l'avenir, peur de mourir. La première question que j’ai posée à l'infirmière, c’était : « Qu'est-ce qui va arriver à mon fils de quatre ans si je meurs ? »

Ma première question à l’infirmière : « Qu'est-ce qui va arriver à mon fils de quatre ans si je meurs ? »

J'ai envoyé un sms à ma meilleure amie, contenant un seul mot : CANCER. C’est elle qui l’a annoncé à mon ami et à mes collègues. J’ai pu compter sur le soutien de ma mère, pour le raconter à ma famille. Pour informer les autres, j’ai utilisé les médias sociaux. Pas pour susciter la pitié, mais pour secouer les gens, leur montrer qu’un cancer du sein, ça n’arrive pas qu’aux femmes d’un certain âge. Il y a encore tant de jeunes femmes qui n’en sont absolument pas conscientes.

J'ai subi plusieurs traitements. Ça a commencé avec la stimulation ovarienne, puis 8 chimiothérapies, une chirurgie du sein (tumorectomie) et 22 séances de radiothérapie. Enfin, j'ai commencé un traitement antihormonal.

Travailler avec des médecins qui ont confiance, c’est super important !

J’avais hâte d’être opérée. Je voulais que toutes les mauvaises choses soient hors de mon corps. Tout au long de tous ces traitements, j'ai reçu un soutien énorme de mon équipe médicale. Je les recommande fortement à ceux qui sont dans la même situation. Travailler avec des médecins qui ont confiance, c’est super important !

Pendant toute cette période, je me sentais très déterminée. Il y avait des moments où mon moral était au plus bas, mais j’ai continué à sourire et à garder ma bonne humeur. Le plus douloureux, c’était de voir mon fils. Il était à la fois ma principale motivation, et ma plus grande crainte. Parfois, les larmes coulaient sur mon visage parce que je craignais de ne pas être là pour le voir grandir. J'osais pleurer à côté de lui et lui dire pourquoi j'étais triste.

Pendant ce temps, j’ai continué à sensibiliser mes proches à travers mon blog. C’était aussi un moyen pour moi de me libérer de mes sentiments. J’ai continué à travailler, à voir mes collègues. En bref, je n’avais pas le choix : il fallait que je sois forte. Maintenant, je vis comme avant : métro - boulot - dodo. Je suis comme mes amis, collègues et j'essaie d'être la meilleure maman malgré les rendez-vous chez le médecin. Je fais tout cela, même si j’ai mal et que je suis fatiguée.

J'essaie de mieux décrypter les signaux que m'envoie mon corps. Je mange sainement et je ne bois pas d'alcool. Il ne me manque pas du tout, depuis que la diététicienne m'a dit qu'il augmente le risque de rechute de 10%. Il ne me manque que d'une chose : le sport. Il est impératif que je m'y remette.

Je veux entendre des femmes dire qu'elles ont eu un cancer à l'âge de 30 ans et qu'elles sont devenues grand-mères quand même.

Je veux atteindre l'âge de 90 ans. Je veux entendre des femmes dire qu'elles ont eu un cancer à l'âge de 30 ans et qu'elles sont devenues grand-mères quand même. La chose la plus importante est de rester forte, de sourire et de garder foi en la science. De plus, vous devez croire en votre propre force intérieure. Il y aura des moments de panique, des doutes, des soucis ... Mais tout ça est normal quand vous avez à supporter un tel traitement.

Je veux que les jeunes femmes sachent qu'elles doivent faire examiner leurs seins à temps. Il est fou de constater combien de jeunes femmes en sont déjà à un stade avancé, sans le savoir, ce qui est très regrettable. Enfin, je pense que vous devez croire en vous-même, et ne pas ignorer les signaux que votre corps vous donne. C'est vous qui connaissez le mieux votre corps, donc n'abandonnez pas les recherches même si l'on vous dit qu'il n'y a rien à craindre ".

Partagez votre histoire

Voulez-vous partager votre histoire sur notre site web Pink Ribbon ? C’est possible !

Écrivez avec nous

Faire un don

Les donations de particuliers vont vers le fonds Pink Ribbon. L’argent de ce fonds est géré par la Fondation Roi Baudoin.

Donner

Devenez partenaire

Désirez-vous, en tant qu’entreprise, soutenir Pink-Ribbon? C’est possible!

Devenez partenaire