20170112 Getuigenis Van Patrick Bastiaens

Témoignage de Patrick Bastiaens : « Je suis toujours surpris de voir qu’il y a encore des hommes qui n’arrivent pas croire qu’un homme puisse aussi avoir un cancer du sein ! »

Diagnostic Traitement Amitié Soin psychosociaux

Suite à une malheureuse chute à la maison l’été de 2016, Patrick Bastiaens découvre qu’il a un cancer du sein. Patrick nous fait part de son témoignage, voici son histoire. « Je suis toujours surpris de voir qu’il y a encore des hommes qui n’arrivent pas croire qu’un homme puisse aussi avoir un cancer du sein, et cela même lorsque je leur montre – façon de parler – mes cicatrices. J’ai pris sur moi de raconter mon histoire afin de faire connaître le cancer du sein de l’homme. Parce que je sais à présent l’importance de détecter le plus rapidement possible une tumeur, d’agir vite et bien afin d’éviter les problèmes. »

La chute

« Après une lourde chute, je me suis retrouvé aux urgences de l’hôpital le 18 août 2016. Le diagnostic: des nerfs écrasés dans le bras droit et des côtes fêlées. Ce fut une expérience douloureuse. Après une semaine de repos, je me suis rendu chez le kinésithérapeute pour la revalidation de mon bras. Au bout de quelques semaines, j’avais de plus en plus mal et je suis retourné chez le médecin pour lui demander de faire des radios de mon bras et de mon épaule. Comme j’étais chez le médecin, j’en ai profité pour lui demander ce que pouvait bien être cette petite boule que j’avais à mon sein gauche. J’avais déjà un peu surfé sur le net la veille et j’avais découvert à ma grande stupéfaction que les hommes aussi pouvaient être touchés par le cancer du sein. Je ne me faisais pas vraiment de soucis mais quand j’ai vu la mine du médecin je me suis dit que j’aurais peut-être dû m’inquiéter. Etant donné que j’avais déjà un rendez-vous à l’hôpital pour mon épaule, le médecin a planifié en même temps un scanner de mon sein.

A ce moment, je menais une vie très active. J’avais une fonction de coordination dans une entreprise alimentaire de taille moyenne. J’y dirigeais une équipe de 25 personnes qui travaillaient en deux shifts, et cela me demandait beaucoup d’attention. A côté de cela, j’ai 3 enfants et 4 petits enfants. Dans mon temps libre, je fais beaucoup de recherche et j’écris sur l’histoire de ma famille, j’adore voyager et nous avons avec mon épouse une caravane dans les Ardennes où nous allons nous relaxer durant l’été.

Le 21 novembre, je me suis fait opérer de l’épaule car les tendons avaient apparemment été déchirés. Je peux vous assurer que ce fut une lourde opération et les semaines suivantes, j’ai dû immobiliser mon bras sur un coussin. Dans l’intervalle, j’avais également fait une ponction de la tumeur à mon sein et dont les résultats me sont parvenus le 22 novembre, soit un jour après l’opération comme j’étais encore à l’hôpital. A l’heure convenue, ma femme m’a conduit en chaise roulante chez le médecin et j’ai attendu pour le verdict. J’espérais avoir de bonnes nouvelles et que le médecin me dirait ce que je voulais entendre, mais le résultat fut tout autre. La tumeur à mon sein était un cancer. Le monde s’est écroulé, pour moi et pour ma femme. Mon épaule me faisait encore souffrir mais j’essayais de ne pas y prêter attention. J’ai toujours été une personne très positive, je trouvais une solution à tout et je n’ai jamais eu peur de ce qui pouvait arriver. Mais ici c’était différent, tout s’est arrêté et je ne savais plus où j’en étais. De retour dans ma chambre, ma femme et moi sommes restés silencieux durant un moment, nous savions ce que chacun ressentait. J’ai appelé mes enfants pour les avertir. Le plus difficile fut de le dire à mes parents qui ont déjà un âge avancé.

Après quelques heures, le chirurgien est venu me voir pour m’expliquer comment allaient se dérouler les jours suivants. Ce docteur nous a offert le soutien dont ma femme et moi avions besoin à ce moment-là. Elle a répondu à toutes nos questions, prêté une oreille attentive à nos préoccupations pour l’avenir et elle s’est arrangée pour que je puisse faire tous les examens nécessaires le jour suivant (scintigraphie, CT scan, examen des poumons…). A cause de l’état de mon bras, ces examens furent très pénibles. Le docteur devait nous donner les résultats l’après-midi même. Je n’ai jamais été aussi nerveux de toute ma vie que durant ces heures d’attente en compagnie de ma famille. Heureusement, les nouvelles étaient bonnes. Il n’y avait pas de métastases, et cela m’a donné du courage. Nous avons fixé la date de l’opération et une semaine plus tard on devait me retirer le sein et me débarrasser de ce cancer! »

L’opération

« De retour à l’hôpital. Le matin, j’ai encore regardé une dernière fois mon corps dans le miroir de la salle de bain et je me suis dit qu’il ne serait plus jamais pareil. On m’a conduit l’après-midi dans la salle d’opération et j’avais le sentiment très rassurant que lorsque je ressortirais je serais en bonne santé et prêt pour un nouveau départ.

Opération réussie, tumeur enlevée de même qu’un ganglion sentinelle qui devait être analysé afin de déterminer le traitement post-opération. La nuit suivante fut plus difficile à cause d’une grosse blessure à la poitrine et du drain. Etant donné que j’étais éveillé toute la nuit, j’ai eu le temps de repenser à tout ça. Ma décision était prise et je n’allais pas décevoir ma famille après tout ce que nous avions vécu en à peine quelques semaines.

De retour à la maison, j’ai attendu deux semaines avant mon rendez-vous à la clinique du sein. C’est à ce moment que j’allais connaître le traitement à suivre: chimio, rayons ou hormonothérapie. Et finalement, bonne nouvelle, ce fut l’hormonothérapie. Cela fait 5 semaines que j’ai été opéré et je prends depuis 3 semaines des tablettes d’hormones. De manière générale, j’ai très peu d’effets secondaires. A un niveau personnel je me sens aussi à nouveau bien. Je raconte mon histoire aux personnes que je rencontre. Je suis toujours surpris de voir qu’il y a encore des hommes qui n’arrivent pas croire qu’un homme puisse aussi avoir un cancer du sein, et cela même lorsque je leur montre – façon de parler – mes cicatrices. J’ai pris sur moi de raconter mon histoire afin de faire connaître le cancer du sein de l’homme. Parce que je sais à présent l’importance de détecter le plus rapidement possible une tumeur, d’agir vite et bien afin d’éviter les problèmes. C’est important pour moi que les hommes se rendent compte qu’ils peuvent aussi attraper un cancer du sein. Le cancer du sein se soigne très bien, s’il est pris à temps et surtout… si la volonté de se battre y est. Une fois le verdict tombé, chacun doit trouver sa manière de fonctionner afin de rester positif et ce malgré cette période chargée émotionnellement. Si l’on a envie de pleurer? Il ne faut pas se retenir. Si l’on a envie d’en parler? Il faut le faire. Je ne vais pas à l’église, mais j’ai reçu une éducation catholique et je n’ai pas honte de dire que je me suis remis à prier et fait une promesse. Il faut aussi savoir recevoir et apprécier le soutien de sa femme, sa famille, ses amis et ses collègues. Un petit sms de son entourage fait très plaisir et aide à surmonter ces moments difficiles.

Ma plus grande petite-fille, Nore, qui a 9 ans et est en 4ème primaire, a compris ce que traversait notre famille. A l’école, elle a toujours été active, studieuse et parmi les meilleurs de classe. Durant la période où j’étais à l’hôpital, elle s’est tout à coup renfermée sur elle-même et ses résultats scolaires ont baissé. Comme elle n’arrivait plus à se concentrer, il y a eu une discussion en classe. Et les enfants ont décidé de me faire un dessin dont je me souviendrai toujours.

Il y a deux semaines, j’ai été remercier les élèves de 4ème. Et je dois dire que tout au long de mon processus de guérison, c’est ce moment avec les enfants et ma petite fille qui m’ont le plus renforcé émotionnellement. Je pense avoir eu la chance d’être dans un hôpital avec des gens qui m’ont soutenu dès les premiers instants et m’ont bien préparé à ce qui devait se passer. Cela aide beaucoup d’avoir une bonne impression de l’environnement hospitalier. C’est pourquoi je remercie toute l’équipe de l’hôpital St.-Dimpna à Geel et plus particulièrement le Dr. Vanderstappen qui a prononcé ces merveilleux mots: vous verrez vos petits-enfants grandir».

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