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C’est comme ça…

Diagnostic Traitement Après le cancer du sein

Ce qui se passe dans votre tête s’il y a ne fût-ce qu’une toute petite suspicion de cancer est difficile à décrire. Certains événements sont si intenses, si tristes, ils vous coupent bras et jambes et cela n’aide pas de crier comme une folle, de tout casser ou de nager pour votre vie. On a l’impression de jouer dans un film de vijf TV mais le film n’est rien d’autre que la terrible réalité et vous ne pouvez rien changer au script.

Ce qui se passe dans votre tête s’il y a ne fût-ce qu’une toute petite suspicion de cancer est difficile à décrire. Quand, complètement groggy, vous raccrochez le téléphone à moitié après LE coup de fil du docteur qui vous dit qu’il y a quelque chose de très grave. Quand les examens et les résultats des prochaines semaines restent suspendus au-dessus de votre tête comme une sombre couche nuageuse. Quand l’impuissance vous submerge parce que la dernière once d’espoir vient de se transformer en désespoir. Quand les termes médicaux comme malin, agressif, tumeur, invasif….continuent à danser pendant des jours dans votre tête comme un ballet de moustique lors d’une torride nuit d’été. Quand la tumeur de votre sein que le docteur vous a montrée sur l’ordinateur reste imprimée sur votre rétine pour le reste de votre vie. Alors, vous savez que vous êtes dans de sales draps. Ce sont des jours où vous avez envie de redevenir cette petite fille qui cherche la consolation et la sécurité auprès de sa maman. Ce sont des nuits d’angoisse et les torrents de larmes que vous déversez toute seule, vous êtes la seule à les voir.

Certains événements sont si intenses, si tristes, ils vous coupent bras et jambes et cela n’aide pas de crier comme une folle, de tout casser ou de nager pour votre vie. On a l’impression de jouer dans un film de vijf TV mais le film n’est rien d’autre que la terrible réalité et vous ne pouvez rien changer au script. Avec les premiers signes d’inquiétude, des graines d’angoisse sont plantées dans votre corps. Une angoisse qui va s’enraciner dans votre corps à court et moyen terme. Une angoisse qui peut se transformer en grande panique quand vous entendez que tout n’est pas parti. Car votre vie est sens-dessus- dessous, la régularité devient le chaos. C’est le capharnaüm mais vous retrouvez encore de jolies choses qui vous permettent de tenir le coup. Comme lors d’une séance de rangement.

J’ai de nouveau appris que la frontière entre le Bonheur et le malheur est très fragile. Soudain, vous connaissez les deux côtés de la médaille que la vie vous a offerte. Le cancer avait tous les droits sur mon corps, tel un despote. La maladie m’a touchée dans mon absolue féminité et m’a attaquée dans ma partie la plus fragile. Il m’a pris presque tout ce qui faisait de moi une femme, sans pitié. Je dis presque tout car cette saleté de cancer n’aura jamais mon amour-propre, mon âme et mon sourire. Vous êtes perdue comme un petit enfant qui sanglote sous la douche, alors que l’eau ruisselante se mélange avec vos larmes amères et vos écoulements nasaux et que vous n’osez plus regarder votre belle et chaude poitrine, ni même la toucher, parce que vous êtes tellement fâchée sur elle ou parce que vous commencez déjà à faire votre deuil. Le désespoir quand, quelques mois plus tard, toujours sous la même douche, vous fixez votre buste meurtri avec des larmes dans les yeux et que vous osez enfin toucher cette place vide. Même si je sais que je peux être fière de cette cicatrice car elle prouve que j’ai été plus forte que ce qui a essayé de me tuer. Vous vous souvenez aussi du jour où vous avez retrouvé des dizaines de cheveux sur votre brosse et sur votre coussin et le jour où vous avez dû tout raser avec votre fille parce que ça ne ressemblait plus à rien. Est-ce qu’il y a plus grave d’après vous ?

La femme énergique et joviale d’il y a quelques mois n’est plus désormais qu’une enveloppe vide sans force ni tonus, sans cheveux et avec un sein en moins, un siège gonflable dont le remplissage s’échappe jour après jour parce qu’il y a un défaut. Je suis maintenant une réclame vivante pour un nouveau remède miracle contre la fatigue extrême, la calvitie et les prothèses. Le cancer m’a vraiment plumée, au propre comme au figuré. La tumeur n’attaque pas que votre corps, elle attaque aussi votre esprit. Elle m’a obligée à rester tranquille, à rester au lit, malade ou fatiguée, à aller régulièrement à l’hôpital, à cesser de travailler, à mettre les fêtes et les hobbys de côté. Ma vie sociale en a pris un fameux coup et tout ça vous rend encore plus seul que jamais.

D’un autre côté, le cancer m’a appris à être patiente, à être plus consciente du temps et à profiter des choses que je ne remarquais même pas auparavant. Je vois, je ressens et je sens beaucoup plus intensément qu’avant. Je suis désormais encore plus sensible et d’un autre côté, plus assertive mais surtout : je suis devenue plus vraie, plus sage et plus mûre à l’intérieur. Peut-être que je suis enfin devenue adulte. Albert Einstein a dit un jour : “C’est dans les périodes noires qu’on apprend à se connaître soi-même. » C’est bien vrai, tout a changé et pourtant, je suis plus que jamais moi-même. Comment la chimio vous ronge et vous mine jusqu’à ce que vous ne soyez plus que l’ombre de vous-même. Comment les rayons vous épuisent, vous brûlent et les dégâts que cela engendre mêmes des années plus tard. A quel point une amputation du sein est lourde et l’influence négative des traitements hormonaux. Vous ne pouvez pas imaginer si vous ne l’avez pas vécu vous-même et pourtant, vous restez vous-même.

Le choc, le traumatisme, l’insécurité, le doute, les émotions, la peur, la douleur et tout le reste autour ont plus ou moins retourné ma vie, celle de ma famille et celle de mes parents. Nous avions tous peur de l’inconnu. Tous perdus dans le labyrinthe de douleur et de chagrin car bien sûr, vous associez ce mot terrible avec un autre mot bien plus terrible encore. Car vous voyez : 1 sur 3 meurt de la maladie et si j’étais du mauvais côté des statistiques ? Vous commencez à penser car « Et si.. ? ». Vous commencez à réfléchir, à trop réfléchir, vous ne savez plus dormir mais vous continuez quand même à espérer, car peut-être que vous serez une des survivantes. Je réalise que la maladie peut revenir, que tout le cirque recommence alors et qu’il n’y a peut-être plus rien à faire. J’ai gagné ce combat et je me battrai encore plus pour le suivant parce que je ne suis pas encore prête à abandonner ce qui m’est cher. Ma date de péremption est loin d’être dépassée et je ne veux tout simplement pas penser à ce qui pourrait mal tourner. Comme disait le comique Woody Allen un jour : je n’ai pas peur de mourir mais je ne veux pas être présent le jour où ça arrivera. »

Vous savez, la meilleure chose à faire est de passer au travers, de crier, de pleurer et de hurler, d’expulser littéralement votre colère, d’embrasser le chagrin et de regarder vos peurs droit dans les yeux. La seule chose que vous avez, c’est l’assurance que ça se terminera, à défaut de l’assurance que vous vous en sortirez. Soufflez à temps et contemplez les belles choses de la vie. N’oubliez pas : ce n’est pas le nombre de fois que vous respirez qui compte mais le nombre de fois que vous êtes à bout de souffle. Nous sommes en effet bien plus forts que nous ne le pensons. L’être humain est fait pour supporter beaucoup de chagrin et d’épreuves et pour faire face à de grands changements. Je vois cela chez beaucoup d’autres patients et j’ai vu cela aussi chez mes parents, très forts, qui ont déjà dû subir tellement de douleur. Avoir confiance en vous et en ce corps qui vous a pourtant trahi, avoir confiance en vos docteurs, vous laisser emporter par ce qui vous arrive, continuer à espérer et à rire, ça vous donne finalement de la force. L’art de gagner ce grand jeu de hasard n’est pas de vous asseoir le long du chemin avec votre tête dans les mains. Vous verrez que vous y arriverez, même si c’est difficile. C’est comme ça, ce ne sera plus jamais comme avant mais il y a encore une vie après le cancer, une belle vie ! Et si parfois c’est difficile, répètez-vous ces mots très haut pour vous-même :

“Je suis plié mais pas cassé

J’ai la force d’un ouragan

Je suis la beauté dans la bête

Je suis la confiance au milieu du doute"

Tieneke-vr

20180727 Kennismaking Met Martine 50 Jaar

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