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Il y a la lumière au bout du tunnel

Dépistage Diagnostic Traitement Coupe de coeur

20/09/2021 - En 2007, à l’âge de 39 ans, Heidi Duysan a reçu le diagnostic qu’elle redoutait: cancer du sein. Aussitôt, le souvenir de ses récentes vacances au soleil a été éclipsé par l’anxiété et le doute. Mais, grâce à ses amis, sa famille et son caractère positif, elle n’a jamais abandonné la lutte.

Comme plusieurs de mes tantes ont eu un cancer du sein, je pratique régulièrement l’auto-examen mammaire. En août 2007, mon mari, mes deux enfants et moi-même avons passé nos vacances sur l’île grecque de Kos. Pendant ce voyage, j’ai senti une petite induration dans mon sein droit. Dès mon retour à la maison, j’ai pris rendez-vous avec ma gynécologue, mais, en raison d’un malentendu – je me suis présentée chez elle à 21 heures alors que le rendez-vous était à 9 heures du matin – j’ai dû rentrer chez moi. Je ne sentais presque plus rien, mais mon mari a réussi à me convaincre de prendre un nouveau rendez-vous.

Le premier choc

C’était un lundi après-midi. Je me suis rendue au rendez-vous en voiture, sans me faire accompagner. Tout en examinant mes seins, ma gynécologue ne m’a pas caché que ça se présentait mal. Dès le lendemain, j’ai passé une échographie et une mammographie, et ma gynécologue a procédé à une ponction. Elle n’a pas essayé de me dissimuler quoi que ce soit: la tumeur était certainement maligne et j’avais une année difficile en perspective, mais il fallait tenir bon! Après quelques nuits sans sommeil, j’ai dû affronter la confirmation que je craignais: tumeur maligne, HER2 positive, hormonodépendante, précoce, et heureusement encore minuscule.

J’ai immédiatement téléphoné à mes parents et à ma belle-mère, mais sans me laisser aller, pour qu’ils ne se fassent pas trop de soucis. Par ailleurs, j’ai informé nos meilleurs amis par mail , et leurs réactions m’ont profondément touchée: j’avais vraiment des amis exceptionnels. Un beau jour, nous nous sommes réunis pour partager, en même temps qu’un verre de sangria, tout ce que nous avions dans le cœur. Cela faisait du bien!

En premier lieu, j’ai subi une chirurgie mammaire conservatrice, avec exérèse de 3 ganglions sentinelles. Comme ils étaient également atteints, j’ai dû être opérée une deuxième fois. Ensuite, à l’Institut Jules Bordet, j’ai développé d’entrée de jeu une belle relation de confiance avec mon oncologue. Et c’est tant mieux, car mon traitement était tout sauf anodin: 6 cures de chimiothérapie (3 CEF [une association de 3 traitements] et 3 Taxotère), 35 séances de radiothérapie, des injections de Zoladex, une année de Lapatinib, ainsi que du Nolvadex et du Femara (5 années chacun). Fin 2011, j’ai appris que l’effet du Lapatinib n’avait pas été optimal. Un traitement à base d’Herceptin a alors été instauré, mais il a dû être interrompu après 5 administrations par suite de problèmes cardiaques. Dans le courant de 2012, mes ovaires m’ont été retirés.

Un casque réfrigérant contre la perte des cheveux

Pour que je perde le moins de cheveux possible, mon premier oncologue m’a proposé un casque réfrigérant. Je n’attachais pas une importance démesurée à ma chevelure, mais l’idée de préserver ma chevelure m’a plu. Dans mon cas, cependant, l’utilisation du casque s’est limitée à mes 3 premières séances de chimio.

Le casque réfrigérant n’est d’ailleurs pas une partie de plaisir. Il faut d’abord mouiller ses cheveux à l’eau froide, puis enfiler une sorte de bonnet glacé et par-dessus, un tensiomètre était tendu et gonflé. Une fois, je n’ai pas pu le supporter plus de 7 minutes, tant j’avais des nausées et mal à la tête. C’était pénible, mais je suis contente de l’avoir fait, parce que ça m’a permis de garder mes cheveux pendant 9 semaines. Les gens ne voient pas que vous êtes malade, ils ne vous regardent pas comme une bête curieuse, et vous pouvez mener une vie normale, comme s’il ne se passait rien de spécial.

Positivité et reconnaissance

Je suis si reconnaissante à mes amis et ma famille pour leur soutien. Spontanément, ils m’ont apporté à manger et établi un planning pour que mes enfants puissent, par exemple, participer à l’entraînement de football. Il y a toujours eu quelqu’un pour m’écouter, même et surtout quand je n’en pouvais plus. Je me sentais toujours tellement fatiguée et, même après les traitements, les douleurs et les inflammations articulaires ont mis du temps à disparaître. Avec 6 autres femmes, j’ai suivi le programme de revalidation EU'REKA', qui m’a vraiment aidée à retrouver la forme.

Le cancer chamboule complètement la vie. Mais, si les médecins sont confiants, il faut y croire aussi! Qu’on le veuille ou non, il faut aller de l’avant et, pendant les traitements, ne surtout pas oublier de sourire. C’est la force mentale qui détermine dans une large mesure la manière dont on traverse cette expérience. Avec mon mari et mes enfants, nous avons essayé de rester positifs et d’apprendre à profiter de la vie. Car, quand on est malade, on perçoit beaucoup plus intensément la valeur de la vie. Mieux vaut laisser le stress et l’anxiété derrière soi.

Je suis tombée malade à 39 ans. Depuis lors, chaque nouvelle année de vie m’inspire une profonde reconnaissance. Mon 50e anniversaire, je l’ai fêté avec exubérance, en compagnie de ma famille et de mes amis, et je suis bien décidée à recommencer. Notre vie professionnelle aussi a beaucoup changé. Depuis 2018, nous tenons un resto petit déjeuner-lunch à Nieuport. Et nous servons toujours nos clients avec le sourire, parce que c’est notre façon de vivre. Essayez vous-même: mettez un sourire sur votre visage et vous constaterez… que vous vous sentez bien. Smile and the world smiles with you!

Écrit par Heidi Duysan

Traduction par Marie-Françoise Dispa

Heidi
Lisez aussi : Un casque réfrigérant

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