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Connaissance avec Muriel (45): "Lorsque j'ai été si bien soutenue après mon opération par mon entourage immédiat et des bénévoles, j'ai juré que j'aurai aussi faire ma part."

Après le cancer du sein Amitié Soin psychosociaux

Je m’appelle Muriel, j’ai 45 ans et je suis maman de 2 enfants, un fils de presque 15 ans et une fille de 11 ans, je vis seule avec mes enfants et je les élève avec leur papa en coparentalité. Pas de répartition traditionnelle des gardes « une semaine chez papa, une semaine chez maman » : nous avons notre propre agenda de gardes, de sorte qu'aucun d'entre nous ne doit se passer de nos enfants trop longtemps. Les choses ne se sont pas toujours aussi bien passé. Le papa des enfants avait rencontré quelqu'un d'autre et il m’a fallu un certain temps avant que je puisse lui donner une place. Je me suis battu pour notre relation, mais j'ai fini par réaliser qu'il valait mieux que nous suivions chacun notre propre chemin. J'ai dû travailler sérieusement sur moi-même pour dépasser et bannir de ma vie les sentiments de haine, de vengeance, de colère. J'ai dû recommencer à zéro.

Muriel

Qui suis-je?

Je ne suis pas entièrement seule, j'ai un compagnon adorable. C’est lui qui m'a permis de croire à nouveau en l'amour, après la déception avec le père de mes enfants... Grâce à lui, je me suis retrouvée et un nouveau monde s'est ouvert pour moi. Savoir que quelqu'un m'aimait à nouveau, m'a fait briller et m'a donné le sentiment d’être sur un petit nuage. C'est aussi lui qui m'a soutenue et m'a accompagnée quand j'ai dû faire face à un nouveau coup dur, il y a deux ans... Cancer du sein !

Quelle tuile ! Comment dire à votre compagnon, à vos parents, à vos enfants et à votre entourage immédiat que vous avez reçu un diagnostic de cancer du sein ?

Mais le courage, l'amour de mes deux parents et de mon ami, la relativisation de mes enfants, le soutien que j'ai reçu de tant d'amies et de collègues.... tout ça m’a aidée à tenir debout. Je n'ai jamais lutté contre le cancer, je l'ai accepté et je l'ai vu comme un signe. Un signe que j’étais peut-être sur le mauvais chemin, un signe que j'aurais peut-être dû prendre d'autres décisions. Ma maladie m'a obligée à m’arrêter, à me reposer et à réfléchir…

Ma vie a changé et je ne serai plus jamais insouciante, mais j'en profite chaque jour davantage. J'ose beaucoup plus réaliser toutes ces choses, qui, avant n’étaient que des idées. J'aime être créative, j'aime dessiner, j'aime photographier. Cela n'avait pas de place dans ma vie par manque de temps, maintenant je prends le temps.....

Je n'ai jamais été sportive non plus, mais l'année dernière, quand ma ménopause est arrivée (tout sauf "spontanément"), je me suis inscrite pour faire du yoga chaque semaine. J'essaie de prendre le vélo autant que possible pour les petits trajets parce que j'aime évoluer et grandir.... mais pas en largeur.

En raison de ma maladie, j'ose repenser aux choses qui m'intéressaient énormément à l'adolescence, à savoir le spirituel. L'armoire, autrefois remplie de puzzles et de jouets pour enfants, est aujourd'hui remplie de livres sur la pleine conscience, le bouddhisme, la clairvoyance et le lâcher-prise, la méditation, les émotions...

J'utilise aussi les connaissances que j'acquiers en lisant ces livres dans ma vie quotidienne. Je suis responsable d'une école et même si j'essaie de planifier mon travail au quotidien, je dois apprendre à faire face aux imprévus. On exige beaucoup de moi, le travail administratif, les délais, les collègues, les enfants, les parents qui veulent votre attention, tout cela engendre du stress. Et pourtant, j’arrive beaucoup mieux à relativiser, je me mets moins de pression et j'essaie de faire de chaque jour une belle journée.

Je suis reconnaissante pour chaque jour et je ne prends rien pour acquis.

Pourquoi ai-je postulé pour faire partie de l'équipe éditoriale ?

Lorsque j'ai été affectée par le cancer du sein il y a deux ans et que j'ai été si bien soutenue après mon opération par mon entourage immédiat, mais aussi par de nombreux bénévoles, j'ai juré que si j'avais la chance d'être guérie, j'aimerais aussi faire ma part. Je voulais, moi aussi, soutenir mes compagnes d’infortune.

J'admire le travail bénévole, mais travailler à plein temps, élever 2 enfants à temps partiel et diriger un ménage seule, ne laisse pas beaucoup de temps. Certainement pas si vous voulez tout faire parfaitement.

Et même si ma tête est pleine d'idées, c’est mon corps qui décide et détermine très clairement ce qui est encore possible et ce qui ne l'est pas.....

Et écrire.... J'aime cela et j'y parviens encore J J’aime coucher sur papier toutes mes pensées, parfois par nécessité, parce que j’ai tendance à oublier facilement. Je suis donc très heureuse de pouvoir contribuer, à ma façon. J'espère sincèrement qu'avec mes textes, je pourrai donner du courage aux gens, dessiner un sourire sur leurs visages. Je veux aussi et surtout leur donner un moment au cours duquel ils n'ont pas à penser à leur maladie.

Je pense que c'est aussi important : la vie continue, nous devons oser continuer, peut-être avec des essais et des erreurs, mais il y a tant de choses à faire en plus de notre maladie.

Cela prend du temps, mais en fin de compte, il faut parvenir à faire une place à tout ce qui nous arrive, tout ce que nous vivons. J'espère qu'avec les autres Amis pour la Vie, je peux aider d’autres personnes qui souffrent à donner cette place à ce qui leur arrive. Pour continuer à avancer...

Amicalement,

Muriel

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