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Le sport après le cancer, Pathy 59 ans témoigne

Diagnostic Traitement Après le cancer du sein La Marche Rose

14/05/2020 – Pathy avait 39 ans lorsqu’elle a été diagnostiquée. Pourtant touchée par la maladie et toujours bien occupée, la pratique du sport est restée essentielle pour cette dynamique maman et mamy de 59 ans. Le sport lui apporte toujours une grande satisfaction, et quant à sa motivation, elle est plus importante quand elle pratique du sport en groupe.

« Être passée par la maladie ne signifie pas ne plus rien faire de notre corps, car nous sommes tous capables de nous lancer un défi ! Le sport après le cancer est gage d’équilibre en général »

« Cela fait maintenant presque 20 ans que mon cancer du sein a été diagnostiqué. J’avais alors 39 ans et deux enfants en pleine croissance. J’avais l’habitude de les suivre, eux et mon mari, dans leurs activités sportives. La pratique du sport a donc toujours fait partie de notre famille et nous formions, avec d’autres, une team qui aimait se rencontrer régulièrement.

Diagnostic et traitements

Un jour d’été, j’ai pris une douche en rentrant d’une sortie en VTT. Et là, une boule est apparue dans un de mes seins. C’était incroyable ! Je n’avais jamais rien remarqué auparavant et, là, d’un coup … cette boule … si visible qu’on pouvait la deviner au travers d’un T-shirt. D’un côté, ce signal d’alarme fut ma chance. Très rapidement, après une mammographie et quelques examens, j’ai été opérée : une tumorectomie qui m’a permis de conserver mon sein. J’ai ensuite suivi 6 chimiothérapies et de la radiothérapie. Les traitements se sont terminés au printemps suivant et j’ai repris mon travail un an après le diagnostic. Au début à mi-temps car, employée chez Carrefour, mon travail était et reste toujours assez physique.

Je n’ai toutefois aucun souvenir d’activité sportive, outre mes séances de kiné, durant mon traitement. En effet, il y a 20 ans, il n’était pas question d’activité sportive durant les traitements, « ce n’était pas à la mode ». Bien au contraire. Tout cela a bien évolué depuis, surtout ces dernières années où l’importance de bouger régulièrement est de plus en plus reconnue, également après le cancer.

Reprise du sport

La pratique régulière du sport n’est redevenue une habitude pour moi, que quelques années après les traitements.
J’ai remis le pied à l’étrier grâce à un défi personnel : participer à une women race. Cette course était pour moi une revanche contre « ce démon » que j’avais vaincu ! J’ai ensuite enchaîné ce type de défis et d’activités, mais jamais dans la compétition : uniquement pour moi et pour mon plaisir. Et comme je ne suis pas quelqu’un de solitaire, j’ai continué à participer à des événements ouverts et à faire partie de teams.

Avoir un mari sportif, a été d’une grande aide dans ma reprise du sport. C’est non seulement un chouette lien de couple mais aussi une motivation. Il y a donc toujours la team familiale, mais de nouvelles habitudes se sont également formées avec d’autres groupes. Notamment lors des women races, j’adore l’ambiance lors de ces courses. Je profite des activités présentes sur le site, des stands qui nous sont dédiés et je fais également de nouvelles rencontres. Je m’y sens vraiment bien, surtout quand cela n’est pas très éloigné de chez moi.

J’ai également pris l’habitude de participer à d’autres activités sportives organisées dans ma région : selon la saison, je marche 10 à 12 km une fois semaine et je cours 5 ou 10 km un autre jour, grâce aux programmes sportifs « Je marche pour ma forme » et « Je cours pour ma forme ». Et en fin de semaine, l’ADEPS offre aussi la possibilité de belles balades nature. Enfin, je reste informée, à l’affût des courses dédiées aux femmes et des événements sportifs tels les « Relais pour la vie » de la Fondation contre le Cancer.

Ne pas se laisser dépasser

Aujourd’hui, je continue à travailler chez Carrefour et je suis bien occupée avec mes 4 petits-enfants. Mais je me suis donnée une règle : ne pas me laisser dépasser et surtout pas question d’abandonner mes activités sportives régulières !

Je me sens toutefois parfois frustrée car, durant certaines périodes, je dois ralentir ou stopper. Au fil du temps, je souffre de bobos typiques de mon âge (maux de dos, arthrose, …) ; sans compter les effets de la ménopause qui ne semblent pas vouloir me lâcher depuis quelques années. Mais je ne vais pas me plaindre, j’estime ne pas en avoir le droit. Car je n’ai, pour ma part, plus aucun signe de la maladie depuis de nombreuses années ! Mon suivi médical actuel ne se résume qu’à une mammographie par an, comme toutes les femmes de mon âge.

En revanche, en participant à des événements sportifs, on rencontre beaucoup de personnes porteuses de handicaps, de maladies lourdes ou incurables, qui se donnent à fond. Ces personnes forcent mon admiration.
Je suis donc frustrée uniquement lorsque je dois rester « sur le banc » alors que je vois les autres pratiquer une activité sportive. Mais ce n’est que passager et je reprends toujours car le sport m’apporte beaucoup : ça c’est une certitude ! Il contribue largement à ma forme en général, m’aide à maintenir ma silhouette et mon poids, mais c’est aussi un fameux soutien moral. Prendre ses baskets, sortir pratiquer une activité, participer à une team, et hop une nouvelle dynamique s’enclenche. Après, on oublie le stress de la journée, nos angoisses, nos soucis et ceux de nos proches. Mon médecin étant lui aussi actif dans le sport. Outre la motivation supplémentaire, cela m’apporte un soutien bienvenu, adapté à mes bobos.

Une question de mental

Nous sommes tous et toutes capables de nous lancer un défi. Ce n’est pas parce que nous sommes passé(e)s par la maladie que nous ne pouvons plus rien entreprendre, rien faire de neuf. Se dire « je me mets au sport » est un défi mais c’est possible, progressivement, en douceur, en s’écoutant et en trouvant l’activité qui nous convient. Ce rythme et le bon choix personnel d’une discipline permettent de ne pas se décourager.

Au final, cela renforce le mental tout en maintenant notre forme en général sur le long terme. D’ailleurs, je ne pense quasi plus jamais au cancer. Je peux en parler de temps à autre, plutôt avec des personnes ayant traversé la maladie, comme à l’occasion de cette interview. Mais ma vie est ailleurs. Et le sport en fait partie. »

Texte rédigé par Marie-Paule Lecart

Pahty

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