Nocolashr

Témoignage Nicholas

Amitié Soin psychosociaux

Nicolas Bearelle (46 ans) est le directeur de Revive et est marié à Mieke (46 ans), qui a eu un cancer du sein en 2016. Ensemble, ils ont deux fils : Lune (17) et Merleau (11). Nicolas était aux côtés de sa femme Mieke pendant sa maladie. Il l’a vue dépérir et souffrir. "Nous en sommes finalement sortis plus forts, mais personne n'attend cela."

”Un jour, j’ai senti une grosseur dans le sein de Mieke. Nous sommes immédiatement allés passer une échographie. Conclusion : c’était un ganglion. Quelques mois plus tard, ma femme a de nouveau senti quelque chose, au niveau de l’aisselle. On a vraiment commencé à s’inquiéter. On nous a directement adressés à un spécialiste. Le diagnostic a fait l’effet d’une bombe. Mieke n’avait jamais été malade. Elle faisait beaucoup de sport et menait une vie saine. Viennent alors les questions : pourquoi elle ? 43 ans, c’est tellement jeune pour avoir un cancer… Les jours et les semaines qui ont suivi le diagnostic se sont apparentés à des montagnes russes. Mieke a subi 20 cures de chimiothérapie, une chirurgie mammaire conservatrice et 33 séances de rayons. Nous avons tout fait pour qu’elle guérisse. Dès le début. Nous avons été bien accompagnés et nous nous sommes souvent dit que nous avions de la chance de vivre en Belgique. Mieke a bénéficié d’un suivi médical, mais aussi psychologique. Elle a surtout été déçue de son propre corps.

Notre couple en est sorti plus solide. Pendant le traitement, nous avons beaucoup marché, parlé et pleuré. Mieke essayait de m’expliquer qu’elle se levait tous les jours avec ce cancer et qu’elle devrait toujours se lever avec la maladie. Qu’elle resterait une patiente cancéreuse toute sa vie. De mon côté, il m’arrivait de m’occuper d’autre chose. Aujourd’hui encore, il y a des jours où je ne pense pas au cancer. J’ai toujours été persuadé qu’elle s’en sortirait. Il fallait qu’elle s’en sorte. Nous faisons en sorte de pouvoir parler de tout. Mais pas question de penser à la mort. Je ne me le permets pas. Quand je parle d’avenir, elle me dit : “J’ai du mal à me projeter deux ans en avant.

Alors, j’essaie de compenser : OK, concentrons-nous sur aujourd’hui et ne regardons pas trop en arrière. Vivons au jour le jour et profitons de la vie. Si elle retombe malade demain, nous nous battrons, encore une fois. Je ne prends pas les choses à la légère, mais elle et moi les voyons différemment. Ses blessures à elle sont plus profondes. L’ombre qui plane sur son âme est plus obscure.

Je me rappelle les moments passés en oncologie. Les gens y font la file en silence. Ils pleurent. Quelle différence avec la salle d’attente où on vient pour une fracture ! Aujourd’hui, Mieke va mieux, mais c’est toujours difficile sur le plan émotionnel. Le monde extérieur ne voit plus qu’elle a été malade et n’y pense donc plus. Nous, si. C’est triste, mais nous avons vu qui étaient nos vrais amis et, surtout, qui ne l’était pas. C’est dur de voir comme les gens parlent peu de la maladie. C’est cruel de voir souffrir l’amour de votre vie, de le voir dépérir physiquement. La chute des cheveux fut aussi une épreuve. Mais le conjoint doit tenter de rester fort. Pour l’autre. Et pour les enfants. Parce qu’à un moment ou à un autre, il faut leur expliquer que leur maman est malade. Je crois qu’ils n’ont pas tout à fait compris ce qui se passait. Nous avons été soulagés d’apprendre que la maladie n’était pas héréditaire. Ils ont appris à prendre la vie comme elle vient.

C’est un vrai défi, vous savez. Mais nous osons à nouveau en profiter et suivre notre instinct. Prendre quatre semaines de vacances et être plus pondérés. Nous osons admettre que notre entreprise et le reste du monde continueront de tourner quand nous ne serons plus là. Nous sommes plus détendus. C’est le seul aspect positif de ce malheur. ”

Auteur: tdv

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