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Comment combiner travail et traitement ?

Le diagnostic du cancer du sein fait l’effet d’une bombe. En l’espace d’une seconde, votre vie bascule. Les questions et les incertitudes vous submergent. Le diagnostic a un énorme impact sur vous et sur vos proches, mais aussi sur votre situation professionnelle. En tant qu’indépendante, il n’est pas simple de « fermer boutique » pour se concentrer sur le traitement et la guérison. Qui va reprendre l’entreprise ? Et quid de la clientèle que vous vous êtes constituée à la sueur de votre front ? Voici 5 scénarios potentiels parmi lesquels choisir pendant votre traitement. Ils s’accompagnent chacun d’informations utiles et de conseils pratiques.

Scénario 1 : j’arrête

Si vous choisissez d’arrêter complètement de travailler et de vous faire reconnaître comme étant en incapacité de travail, vous devez avertir votre mutualité dans les 7 jours calendrier, premier jour d’incapacité de travail non inclus, au moyen d’un certificat d’incapacité de travail que :

  • vous pouvez demander à votre mutualité ou télécharger sur son site ;
  • vous complétez en concertation avec votre médecin traitant ;
  • vous transmettez au médecin-conseil de votre mutualité, par la poste (cachet postal faisant foi) ou en le déposant à la mutualité (dans ce cas, n’oubliez pas de réclamer un récépissé).

Attention ! Le certificat rempli par votre médecin traitant mentionne une date de début et une date de fin pour votre incapacité de travail. Le médecin-conseil peut accepter cette date de fin sans commentaire (vous recevrez alors une confirmation écrite) ou vous convoquer pour un examen médical. Il est important de faire remplir le plus vite possible le certificat médical par votre médecin traitant. Le médecin-conseil ne peut en effet reconnaître l’incapacité de travail, au plus tôt, qu’à dater de la signature du certificat médical par le médecin traitant.

Vous bénéficierez d’indemnités si vous répondez aux conditions fixées en matière de stage d’attente et êtes reconnue incapable de travailler. En période d’incapacité primaire, c’est-à-dire pendant 1 an, vous avez droit à une indemnité forfaitaire qui dépend de votre situation familiale.

  • Pour une indépendante avec charge de famille cette indemnité s’élève à 62,08 € brut par jour, pour un régime de 6 jours par semaine.
  • Pour une isolée, elle est de 49,68 € brut par jour.
  • Pour une cohabitante, elle se monte à 38,10 € brut par jour.

Toute indépendante en incapacité de travail peut introduire une demande d’« assimilation pour cause de maladie » auprès de sa caisse d’assurances sociales ou de l’Institut national d’assurances sociales pour travailleurs indépendants (INASTI), afin que cette période de maladie soit gratuitement assimilée à une période d’activité. Grâce à cette assimilation, vous serez dispensée du paiement de vos cotisations sociales, mais vous conserverez vos droits en matière d’allocations familiales, d’assurance maladie-invalidité et de pension.

Scénario 2 : j’arrête, mais pas tout à fait

Si vous préférez ne pas arrêter complètement de travailler, il y a plusieurs éléments à garder en tête. En tant qu’indépendante isolée, vous touchez un montant de quelque 1 100 € pour un mois complet d’incapacité de travail. Trop peu pour joindre les deux bouts. Il y a cependant deux moyens de vous protéger financièrement :

  1. si vous avez contracté une assurance de revenu garanti auprès d’un assureur privé, c’est évidemment le moment d’y faire appel, afin de conserver un revenu raisonnable ;
  2. si vous en êtes capable, combinez une partie de votre travail à vos traitements et votre processus de guérison, avec maintien de votre allocation.

Il est donc possible de continuer à travailler, mais à un rythme moins soutenu. Lorsque votre incapacité de travail est reconnue et approuvée par le médecin-conseil de votre mutualité, vos indemnités d’incapacité de travail ne sont pas réduites dans un premier temps. Elles diminueront de 10 % à partir du septième mois, mais, à ce stade, vous serez peut-être sur le point de programmer une reprise complète de votre activité.

Scénario 3 : je n’arrête pas et je me fais remplacer

Vous pouvez aussi choisir de vous faire remplacer pendant votre traitement. Les médecins, les commerçant(e)s et les petit(e)s entrepreneurs/euses ont souvent recours à cette option. C’est une occasion unique pour le remplaçant en question d’acquérir une expérience supplémentaire. Il s’agit souvent d’une personne issue du réseau de l’indépendante, mais on peut aussi élargir les recherches à l’extérieur.

Si vous envisagez de vous faire remplacer, suivez ces quelques conseils :

  • Demandez à vos collègues s’ils se sont déjà fait remplacer, à l’occasion d’une maladie ou d’une grossesse, par exemple, ou tout simplement pour partir en vacances. Ils pourront vous conseiller utilement.
  • Consultez votre association professionnelle, ou encore l’association des commerçants, entreprises et professions libérales de votre ville. L’une et/ou l’autre pourront peut-être vous suggérer des noms.
  • Consultez le Registre des Entrepreneurs Remplaçants du SPF Économie pour trouver un(e) candidat(e) indépendant(e) correspondant au profil que vous recherchez.

Scénario 4 : je n’arrête pas et j’engage

Si vous n’avez pas envie d’arrêter de travailler, mais que vous préférez engager, c’est tout à fait possible. Attention : cette première embauche constitue une étape importante. Réfléchissez-y à deux fois. Pour vous faciliter la tâche, affiliez-vous à un secrétariat social, qui :

  • pourra réaliser une simulation gratuite de tous les frais que vous devrez assumer en tant qu’employeur ;
  • vous déchargera des tâches administratives ;
  • garantira à votre collaborateur/trice un salaire correct versé à temps.

« Je ne m’y étais jamais décidée », avoue Mieke, coiffeuse (farouchement) indépendante. « Mon salon, c’était mon bébé : je ne voulais pas le partager. Mais, lorsque j’ai appris le diagnostic, j’ai compris que je ne pourrais pas continuer au même rythme. Une collègue et amie m’a recommandé une jeune collaboratrice, son ancienne apprentie, à qui j’ai expliqué la situation en toute franchise. Grâce à elle, j’ai pu garder mon salon ouvert malgré les chimios. Maintenant, je vais tout à fait bien, mais pas question de revenir en arrière : je ne pourrais plus me passer d’elle ! »

Scénario 5 : je n’arrête pas

Vous pouvez bien sûr aussi simplement continuer de travailler. Tout dépend :

  • de votre secteur professionnel ;
  • des conditions dans lesquelles vous exercez votre activité ;
  • de la nature et de la durée des traitements.

Une intervention chirurgicale suivie de quelques semaines de radiothérapie est évidemment moins déstabilisante que des mois de chimiothérapie. Ne prenez pas de décision hâtive. Avant de vous décider, commencez donc par en discuter :

  • avec vous-même : vous vous connaissez mieux que n’importe qui. Vous savez ce dont vous êtes capable ou non, ce que vous êtes ou n’êtes pas encore prête à faire. Ne vous voilez pas la face ;
  • avec votre oncologue : il peut vous renseigner sur le déroulement de votre traitement, ainsi que sur la composition et les effets secondaires possibles de votre chimiothérapie ;
  • avec votre généraliste : il peut, en s’appuyant sur sa connaissance de votre personnalité et de votre caractère, faire le point avec vous ;
  • avec vos proches : ils pourront, par exemple, vous aider pour le ménage, les courses, la cuisine... Si leur aide est la bienvenue, n’oubliez pas que vous aurez peut-être aussi besoin d’un peu d’intimité ;
  • avec vos collègues, partenaires et collaborateurs : ils vous seront d’une aide et d’un réconfort précieux. Il est donc indispensable de leur expliquer clairement la situation et de vous assurer qu’ils sont prêts à faire face avec vous tout au long de cette période difficile.

Quelle que soit votre décision, n’oubliez pas de communiquer avec votre famille, vos collègues, votre personnel et vos clients. Expliquez clairement votre décision, les raisons qui l’ont motivée ainsi que les conséquences. Plus vous ferez preuve d’honnêteté et de franchise, plus vous éviterez les situations embarrassantes. Et vous serez étonnée de voir la compassion que vous susciterez.

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