Lieve

Témoignage Lieve (43) : « ça vaut la peine de se battre et quand on positive, le com- bat est à moitié gagné »

Diagnostic Traitement Après le cancer du sein Soins psychosociaux

Lieve De Smet (43) est une institutrice et maman de Jenna (8). Son histoire commence avec le cancer du sein de sa mère. Celle-ci a perdu son combat en 2002. Un an plus tard, le diagnostic tombait pour Lieve. Jenna est sa lueur d’espoir.

“J’ai subi une thérapie hormonale pour tomber enceinte. Je n’aurais jamais dû. Mon médecin savait qu’il y avait des cas de cancer du sein dans la famille; ces hormones ont précipité la survenue de la maladie. On a, en outre, hésité trop long- temps après la découverte d’une petite boule. Il y a eu des erreurs, ça me met en colère. On m’a retiré tout le sein. J’ai subi 8 cures de chimio et 32 séances de rayons. J’ai dû interrompre immédiatement la thérapie hormonale: je pouvais faire une croix sur les enfants. Mais je me suis battue. J’avais déjà perdu ma mère, la maladie n’aurait pas ma peau. Pleurer n’aide pas à avancer, même si ça soulage de temps en temps. J’ai fait la connaissance de mes amies pour la vie, des femmes qui combattent aussi le cancer du sein. J’ai subi ma dernière chimio en 2004. Cinq ans plus tard, Jenna arrivait. Un miracle! Elle m’a aidée à m’en sortir.”

Aujourd’hui, Lieve n’est plus la même.

“C’est le plus difficile. Physiquement, je n’ai plus autant d’énergie qu’avant. La reconstruction ne s’est pas passée comme prévu. Il faut apprivoiser un corps qui n’est plus le même. Il faut être forte. ”

Le sort a de nouveau frappé en 2014. “Des examens génétiques ont révélé que j’étais porteuse du gène BRCA1. Autrement dit, le risque que je rechute était de 80% et ma fille risquait, elle aussi, de contracter la maladie. J’ai subi une double mastectomie et je me suis fait enlever les ovaires. Je suis ménopausée depuis mes 41 ans, avec tous les désagréments que cela comporte. Je ne peux plus travailler qu’à temps partiel. Je dois faire des concessions dans ma vie, alors que je n’en ai pas envie. Il faut se réinventer. Je m’octroie des moments de repos. Je bois un café en regardant les oiseaux. Ça a été et c’est toujours pénible, car on a toujours peur d’une rechute.

Mais ça vaut la peine de se battre. Quand on positive, le com- bat est à moitié gagné. En racontant notre histoire et en montrant que les choses ne tournent pas forcément mal, on donne de l’espoir aux autres.”

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