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Témoignage Pink Monday : Christel Van den Eynde (61)

Diagnostic Traitement Après le cancer du sein Retour au travail Pink Monday

Christel Van den Eynde (61) travaillait au département marketing/communication d’une multinationale lorsqu’elle a découvert qu’elle avait un cancer du sein. Elle a décidé de continuer à travailler pendant son traitement. “Je ne me voyais pas du tout rester un an à la maison. Après ma chirurgie mammaire j’ai eu 3 semaines de repos maladie pour récupérer de l’opération. Après cela, je suis retournée travailler. Avec mon patron, le manager HR et le médecin du travail nous avons conclu un accord me permettant de continuer à travailler pendant ma chimiothérapie. C’est un arrangement pour lequel je leur serai toujours reconnaissante ! »

En octobre 2008, j’ai suivi un check-up médical dans un hôpital, offert par la firme qui m’employait. Ce n’est qu’en décembre que j’ai reçu les résultats, par courrier. En bas de la page, il était mentionné que des anomalies avaient été détectées lors de l’échographie. Je devais donc prendre contact avec mon gynécologue. Il était impossible d’avoir un rendez-vous si proche des fêtes de fin d’année. Janvier 2009 arriva rapidement.

Mon gynécologue n’était pas relié à l’hôpital où j’avais fait mes examens, j’ai donc dû refaire d’autres tests, aller chercher les résultats à l’hôpital et reprendre rendez-vous avec mon gynécologue. Pendant cette période je m’étais rendue chez mon médecin généraliste pour tout autre chose et il me demanda : « Christel, que se passe-t-il ? Je vois passer sur mon ordinateur différents dossiers avec des résultats. On va arrêter ces allers-retours entre l’hôpital et le gynécologue et je te prends maintenant un rendez-vous avec un gynécologue/oncologue de l’hôpital ».

Je ne l’oublierai jamais, c’était un mardi soir. Le lendemain, le mercredi, j’avais un rendez-vous chez l’oncologue. Après avoir examiné mon dossier il m’a pris un rendez-vous pour réaliser une ponction de mon sein gauche le vendredi et un autre le lundi pour discuter des résultats. Ce lundi après-midi en question, l’oncologue m’expliqua qu’il y avait des tumeurs à deux endroits et qu’elles étaient trop éloignées pour les traiter en pouvant conserver le sein. Une mastectomie (ablation du sein) du sein gauche était donc la seule solution.

Deux jours plus tard j’ai subi des analyses supplémentaires pour vérifier qu’il n’y avait pas de métastases. Ce même mercredi, j’ai eu rendez-vous avec l’oncologue qui m’a annoncé la bonne nouvelle : il n’y avait pas de métastases. L’opération a été planifiée pour le vendredi matin… D’un côté, j’étais déçue de ne pouvoir conserver mon sein. D’un autre côté, dès cet instant j’ai commencé à le considérer comme un ennemi et je voulais que vendredi arrive le plus rapidement possible pour m’en débarrasser. C’était vraiment deux sentiments très contradictoires…

Lorsque j’ai entendu le diagnostic, le sol s’est effondré sous mes pieds et j’ai eu l’impression qu’il m’engloutissait. J’étais complètement bouleversée. Je me suis demandée pourquoi ça devait m’arriver à moi. Plus tard, dans la voiture, j’ai énormément pleuré. Je m’étais rendue seule au rendez-vous. Je venais de me séparer et ma fille était encore en examens. Je ne voulais pas l’ennuyer avec cela et ne lui ai raconté que le mardi avant mon opération.

Après avoir appris le diagnostic et après avoir pleuré toutes les larmes de mon corps dans ma voiture, je me suis rendue à mon travail pour informer mon patron de la situation. Cette semaine-là, je ne pourrais déjà pas venir travailler le mercredi à cause des examens supplémentaires et le vendredi je me faisais opérer.

Quand je suis arrivée à mon département, je suis allée voir mon chef en lui demandant si je pouvais lui parler en privé. Je suis quelqu’un d’ouvert et de spontané, je lui ai donc tout expliqué en larmes. Il était bien évidemment affecté et était un peu mal à l’aise face à cette situation mais il s’est montré très gentil et compréhensif. Après cette réunion, j’ai tout raconté à mes collègues. Ils ont également été accablés par la nouvelle mais l’ambiance entre collègues était/est très bonne. J’ai donc reçu tout le soutien que je pouvais espérer.

J’ai reçu énormément de soutien moral au boulot. Il y avait toujours beaucoup de personnes qui se proposaient pour jouer au chauffeur lorsque c’était nécessaire. C’était réconfortant. Le soutien inconditionnel de ma fille, de mon frère et ma belle-sœur était également énorme. Cela m’a fait énormément de bien.

Je ne m’imaginais pas du tout rester une année à la maison est rester continuellement entre 4 murs sans n’avoir rien à faire. Après mon opération, j’ai eu 3 semaines de congé maladie pour récupérer de mon opération. Et après ces 3 semaines, je suis donc retournée au travail. Comme traitement, j’ai alors suivi une cure de chimiothérapie, une série de 6 séances, et ensuite des rayons. Ensemble avec mon patron, le manager RH et le médecin du travail nous avons trouvé un accord qui me permettait de continuer à travailler pendant ma cure de chimiothérapie. Un arrangement pour lequel je leur suis encore reconnaissante aujourd’hui !

  • - Le mardi matin j’avais ma séance de chimio et j’avais un certificat médical pour le reste de la semaine. De mardi soir à jeudi je n’étais pas vraiment de ce monde, tellement j’étais malade. Le vendredi je me sentais déjà bien et samedi j’étais de retour parmi les vivants !
  • - La semaine suivante j’avais une forte diminution de mes globules blancs avec comme conséquence un risque accru d’infection. Pour réduire/éviter le risque d’infection, je pouvais travailler de la maison.
  • - La troisième semaine je me sentais déjà beaucoup mieux et j’allais au bureau, mais l’arrangement avec mon patron et le responsable HR comprenait le fait que je pouvais venir et partir à mon propre rythme. Je ne mettais pas de réveil le matin. Je me levais vers 8h et à 9h j’arrivais au bureau. J’avais reçu l’autorisation de HR et du médecin du travail pour entrer en voiture dans le périmètre de l’entreprise et me garer juste devant le bâtiment de mon bureau. Pendant un an, je n’ai plus dû badger mes entrées et sorties à la pointeuse. Ce sont des petites choses mais toutes ces petites choses m’ont permis de continuer à fonctionner normalement.
  • - Normalement, je commençais ma nouvelle séance de chimio la semaine suivante mais mes analyses de sang après la 3e semaine ont montré que mon taux sanguin n’était pas suffisamment bon pour avoir une nouvelle chimio, je devais donc attendre une semaine de plus.
  • - Cette 4e semaine, je me sentais en pleine forme. Au début j’ai été déçue d’apprendre que mon taux sanguin n’avait pas assez vite évolué. Je me disais « ce n’est pas possible que ce soit de nouveau avec moi qu’il y ait des anomalies ». Rétrospectivement, je me dis que c’était finalement une chance d’avoir la chimio après 4 semaines au lieu de 3, cette 4e semaine me donnait une dose d’énergie supplémentaire.

En août 2009, j’ai eu ma dernière séance de chimio et à partir de septembre j’ai recommencé à travailler à temps plein, mais toujours à mon rythme. La cure de rayons commençait fin septembre. J’avais pu régler mon rendez-vous pour qu’il ait lieu dans l’après-midi, à 16h. Je me rendais de mon travail à l’hôpital et de là je rentrais à la maison.

Entre temps, cela fait 10 ans que mon histoire avec le cancer du sein a commencé. Les 10 premières années, j’avais un check up deux fois par an (mammographie, échographie, analyse sanguine). Depuis cette année, ce n’est plus qu’une fois par an. Je me sens en pleine forme et c’est presque comme si tout cela était de l’histoire ancienne. Une opération mammaire est une opération majeure et cela a un impact important sur votre vie. La fatigue me joue encore de temps en temps des tours, mais cela a aussi à voir avec mon âge ;)

Je dois bien admettre que ça a été une année très particulière de ma vie. Dans tous les domaines. J’ai été déçue par plusieurs personnes, je croyais notre amitié plus forte. D’autres personnes m’ont par contre agréablement surprise. Cet événement a renforcé l’amitié que j’avais avec quelques amies de l’école que, depuis lors, je vois encore régulièrement. Une fois par an, nous partons même toutes ensembles une semaine en vacances.

Toute cette histoire m’a également appris à relativiser et à profiter de chaque beau moment, aussi petit soit-il. Je suis une personne positive qui voit toujours le verre à moitié rempli et qui regarde toujours les choses du côté positif, ou du moins le recherche… J’évite à tout prix les personnes qui ont une attitude négative.

2 ans après mon opération, j’ai rencontré un homme avec lequel je me sens très bien et qui m’a accepté telle que je suis ! Jusqu’à présent, je n’ai pas eu de reconstruction mammaire et je n’en ai pas l’intention. S’il y a quelque chose qui me manque c’est quand même mon décolleté ;) Mais je n’ai pas eu d’opération donc je ne m’en plains pas.

Actuellement, je travaille toujours. Depuis 2014 je travaillais à 80% dans le département où j’étais déjà employée en 2009. En novembre 2016 nous sommes trois à avoir été renvoyés. J’ai rapidement retrouvé un poste au sein de la même entreprise mais c’était à nouveau un temps-plein. Je travaille désormais au département achats, où je suis responsable d’un portefeuille varié de produits et services.

Aux femmes qui luttent actuellement contre le cancer du sein, j’aimerais dire ceci: emmenez toujours quelqu’un avec vous aux consultations. Seule, vous êtes parfois dépassée par la situation et ne retenez pas tout ce que le médecin dit. La 2e personne écoute pour vous et peut prendre des notes. Ne soyez pas gênée de vous asseoir devant le médecin avec un bic et du papier. Et préparez à l’avance une liste avec vos questions, car une fois devant le médecin, vous en oubliez souvent la moitié…

Amicalement,

Christel

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