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Il n'y a pas d'âge pour le cancer du sein

Dépistage Diagnostic Traitement Après le cancer du sein

14/01/2021 – « Cela ne peut pas être un cancer du sein, tu es trop jeune… » Se l'entendre dire l'a d'abord rassurée, mais la dure réalité s'est finalement imposée à elle. Santoecha (33 ans) avait 26 ans quand elle a appris qu'elle souffrait d'un cancer du sein. La tumeur, d'un diamètre de 13 centimètres, avait déjà essaimé dans les glandes sous les aisselles. La jeune femme a donc subi un véritable parcours du combattant, pénible tant physiquement qu'émotionnellement. Elle s'est confiée à nous.

« À chaque séance de chimio, j'avais l'impression d'être plus bas que terre. C'était effrayant de me voir dépérir comme ça… »

Un long chemin

Ce n'est qu'en 2013 que je me suis rendu compte que je souffrais d'un cancer du sein. Un an plus tôt, j'avais quitté les Pays-Bas pour m'installer en Belgique où je devais passer mon banaba (« bachelor après le bachelor »). Le déménagement m'avait occasionné pas mal de stress. Avec ce nouvel environnement et mon nouveau cycle d'études, j'avais l'impression de devoir tout reprendre de zéro. J'ai toujours adoré sortir, alors ici aussi j'étais bien décidée à profiter des soirées après mes journées studieuses. Je pensais que c'était cela qui expliquait ma grosse fatigue. Dès le mois de juin 2013, je me suis mise à ressentir de temps à autre un élancement dans le sein. Dans les périodes de stress, j'ai toujours eu tendance à avoir mal aux seins, or cet été-là, j'ai dû faire face à la mort d'un membre de ma famille. J'ai donc mis la douleur sur le compte du stress.

Dès fin septembre, la douleur a commencé à devenir plus régulière et j'ai également senti une boule dans mon sein. Je suis allée consulter ma généraliste qui a conclu que ça ne pouvait pas être un cancer du sein, car, disait-elle, j'étais « trop jeune pour cela ». Vous allez peut-être trouver ça naïf, mais je me suis sentie hyper soulagée. Par hasard, j'avais également pris rendez-vous, en novembre, chez mon généraliste aux Pays-Bas. Mon copain m'accompagnait et il n'avait pas trop confiance. Il a fait remarquer au médecin que mon mammelon avait pris une forme plus ovale. Mon généraliste hollandais pensait, lui aussi, que ce ne pouvait pas être un cancer du sein, car j'étais bien « trop jeune ». Malgré tout, il m'a prescrit une mammographie en urgence à la clinique.

Le premier choc

Même le jour de cette mammographie en urgence, je n'ai pas ressenti de signal d'alarme particulier. Après les habituelles photo- et échographies, le spécialiste a décidé de faire une biopsie. Ce qui devait n'être qu'un bref passage en clinique s'est transformé en une longue journée. En fin d'après-midi, un médecin est venu me voir. Normalement, j'aurais dû attendre une semaine pour avoir des nouvelles, mais au vu des premiers résultats, le médecin s'est dit que ce ne serait pas juste de me laisser quitter la clinique en pensant que tout allait bien. Je me suis dit: « vous pouvez me dire ce que vous voulez, je vais tout de même attendre le diagnostic officiel et complet. »

Quand le médecin est ressorti de la salle de consultation, je suis restée avec une infirmière qui s'est tout à coup mise à pleurer. Elle était terriblement désolée pour moi, vu mon jeune âge. Je me demandais de quoi elle parlait exactement et je lui ai demandé d'être plus claire. Elle m'a expliqué que le risque de cancer est classé sur une échelle de gradation. J'étais au niveau 4 sur 5. C'est alors seulement que mon franc est tombé. Le diagnostic officiel n'arriverait que d'ici une semaine mais vous l'avez deviné : j'avais un cancer du sein à l'âge de 26 ans.

La chimio ou le parcours du combattant

Pour combattre la tumeur, d'un diamètre de 13 centimètre et avec des métastases dans les aisselles, il a fallu sortir la grosse artillerie. Pour commencer : six séances de chimio pour réduire la taille de la tumeur, mais les choses ne se sont pas déroulées comme prévu. Dès le premier jour, j'ai eu des effets secondaires. J'avais l'impression de faire un aller-retour en enfer. Après la 4e chimio, je me suis retrouvée à l'hôpital avec une infection urinaire. Et après la 5e chimio, je me suis mise à uriner du sang et j'avais une inflammation cardiaque. Lorsque je me suis retrouvée hospitalisée pour la deuxième fois, les médecins ont décidé de modifier le traitement prévu au départ. Il n'y a pas eu de 6e chimio et on a avancé la mastectomie. J'ai ensuite eu droit à 25 séances de rayons, dont les cinq dernières avec un booster. Pour couronner le tout, j'allais devoir suivre pendant dix ans une anti-hormonothérapie. Un vrai parcours du combattant…

Un cocktail d'émotions

J'ai été sous le coup d'un véritable cocktail d'émotions. D'une part, je me suis sentie aimée, avec de tas de gens qui tiennent à moi. D'autre part, j'ai eu l'impression d'être un poids terrible pour les autres. Je suis passée de la jeune femme indépendante, capable de soutenir son homme à bout de bras, à celle qui avait tout le temps besoin de soins. Et même si j'étais bien entourée, je me suis sentie très seule, car j'étais l'unique malade au milieu d'eux tous. Du coup, je me suis souvent sentie incomprise, parce que personne dans mon entourage ne vivait la même chose au même moment. Sans parler de mes angoisses… À chaque chimio, j'avais l'impression d'être plus bas que terre. C'était effrayant de me voir dépérir comme ça.

Après la pluie vient le beau temps

Heureusement, j'ai gardé le moral… N'étais-je pas la fille toujours solaire et de bonne humeur ? Pendant les traitements, le soleil brillait certes un peu moins, mais maintenant il brille plus intensément que jamais ! Malheureusement, j'ai toujours très peur de rechuter, mais la plupart des patients concernés ont cette angoisse. Pour un outsider, répéter « Mais non, ne t'en fais pas » est facile à dire… Une fois qu'on s'est rendu compte de la fragilité de la vie, je vous assure que c'est plus facile à dire qu'à faire.

J'essaie de mener une vie aussi saine que possible. Si je devais rechuter, je sais que je n'aurai pas à me sentir coupable, car j'aurai fait tout ce qui est en mon pouvoir pour rester en bonne santé. Cela semble cliché de le dire, mais peu importe à quel point on se sent au fond du trou, il y a toujours une lumière au bout du tunnel. C'est pour cela que je m'efforce de faire de chaque jour une fête, parce que je sais que la vie peut basculer à tout moment. Je veux me concentrer sur l'avenir et j'espère que, comme dans les contes de fées, je vivrai longtemps heureuse.

* Note de bas de page: Le cancer du sein touche principalement les femmes entre 50 et 65 ans, mais il peut survenir à tout âge. C'est pourquoi il est très important de surveiller ses seins et d'apprendre à reconnaître les 9 signaux d'alarme.

Lisez aussi : Les signaux d'alarme du cancer du sein : connaissez-vous les 9 ? Lisez aussi : Idées reçues et fake news sur le cancer du sein Faites le mammoquiz !
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